Une robe couleur du vent

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ISBN : 2253191337

 

Voilà longtemps que je n’avais pas lu un roman en rapport avec l’univers vintage, et franchement, cette petite histoire a été vraiment une excellente découverte !

Le résumé : Fabia Moreno vient de s’installer avec sa fille, Ella, dans la petite ville de York, où elle a ouvert un magasin de vêtements vintage. Une boutique de rêve, comme les femmes de York n’en ont encore jamais vu. Car Fabia possède un don pour dénicher la robe idéale et l’ajuster à chaque cliente. Autour de son commerce, bientôt, les destins se croisent, les identités se révèlent et les amours s’épanouissent… mais naissent aussi la méfiance et la jalousie.
L’exubérance de Fabia dérange, et la jeune Ella, à la peau cuivrée, est une adolescente bien mystérieuse.
Parviendront-elles à s’intégrer dans la communauté ?
Quel sombre secret cache Fabia derrière ses tenues flamboyantes et son accent chantant ? Sa fille elle-même sait-elle tout de l’histoire familiale ?

Ce que j’ai aimé :

L’écriture : la plume de l’auteur est délicate, poétique et c’est un vrai bonheur de se laisser bercer par ses mots…

L’univers vintage : avec un vêtement ou un accessoire mis en avant à chaque en-tête de chapitre. L’auteur semble s’y connaitre assez bien, ce qui rend le cadre très crédible.

La magie : le genre « magic realism » est peu voire pas représenté en France, et pour moi ce roman s’inscrit directement dans cette tradition. Fabia brode des mots cachés dans les ourlets, des mots nécessaires qui lui viennent intuitivement et qui vont aider les futures propriétaires des robes. Fabia est dépositaire de tout un héritage magique, presque de la sorcellerie.

Le message : ce roman c’est une ôde à la tolérance mais aussi à l’importance des racines et de la transmission. C’est en apprenant l’histoire de sa famille qu’ Ella pourra trouver l’apaisement, et c’est en acceptant de ne plus avoir honte de ses origines que Fabia pourra enfin trouver le bonheur.

Une jolie histoire, bien écrite, pleines de belles valeurs (et de belles robes) à découvrir absolument…

 

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Cœur Vintage

D’habitude, je parle plutôt de mes lectures et non de mes romans (du moins sur ce blog, et plus particulièrement dans cette rubrique) mais une fois n’est pas coutume, voici mon prochain livre, prévu pour octobre 2018 :

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Vous l’aurez compris, ce roman parle d’amour et de vintage !

Vous pourrez suivre deux adolescentes, l’une vivant de nos jours, fan de robes fifties et dont la tante tient une boutique vintage et l’autre vivant dans les années 50…

Voici le 4ème de couverture :

2016. Mina sort avec Logan, le garçon le plus populaire du lycée. Tout le monde l’envie et lui répète à quel point elle est chanceuse, même ses propres parents. Oui, mais alors pourquoi le doute vient-il s’installer au cœur de son bonheur soi-disant parfait ?
1956. Delia vit le grand amour avec Troy et son avenir semble tout tracé : mariage, enfants, joli pavillon.
Deux filles amoureuses, deux destinées liées par une robe.

On ne peut pas vraiment dire qu’il s’agit d’une romance car en fait j’envoie valser tous les codes et clichés du genre (enfin du moins une bonne partie !). Et s’il s’agit d’un roman YA contemporain, j’avoue, il y a une toute petite touche de magie (parce qu’ un livre de Cécile Guillot qui tient dans une seule case, ça n’existe pas :p)

Et puis, cette magnifique couverture est signée Léona Snow… J’adore, et vous ?

On se donne rendez-vous cet automne, pour plus de détails 😉

Très chère Sadie – Sophie Kinsella

Lara, 27 ans, vient de se faire larguer et galère au boulot. Un jour, elle se rend à l’enterrement d’une lointaine grand-tante que personne ne semble connaître vraiment dans la famille, et se retrouve alors hantée par la défunte. Celle-ci doit absolument retrouver son collier et Lara se voit obligée de l’aider dans sa quête.

Le scénario comprend plusieurs histoires secondaires qui s’avèrent être toutes liées, ce qui rend le tout très riche et original. J’avoue, je ne m’attendais pas à une histoire aussi bien ficelée, imaginant la chick-lit comme une littérature simple et légère. Alors oui, c’est frais, drôle et léger, effectivement, mais c’est aussi touchant et cela nous fait réfléchir sur le sens de la vie et sur la mort, sur ce que nous laissent nos ancêtres et comment nous nous inscrivons dans une lignée. Les péripéties s’enchainent à une allure folle et les pages se tournent rapidement sans qu’on ne s’ennuie une seule seconde.

Je ne détaillerai pas tous les thèmes abordés, ils sont nombreux, mais me focaliserai ici sur le côté fashion et vintage. Avec cette histoire, on se retrouve plongé dans les années 20. Le fantôme est tel que dans sa jeunesse : une jeune garçonne aux cheveux courts, portant robe droite délicate, grand sautoir et bandeau orné de plumes. Elle aime le jazz et danser le charleston et compte bien faire découvrir tout ça à Lara. Notre héroïne se retrouve donc trimballée de boutiques vintage en cours de danse, pour faire plaisir (et puis aussi car son aïeule est du genre très casse-pied et sait obtenir ce qu’elle veut !). Les situations sont cocasses, le langage parfois fleuri (le fantôme manie avec dextérité l’argot des années folles) et tout comme Lara, on se laisse prendre au jeu.

C’était la première fois que je lisais du Sophie Kinsella et je ne suis pas déçue. Je vais sans doute essayer sa fameuse série de l’accro au shopping.

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Juliette, la mode au bout des doigts

Je passais dans les allées au Salon du Livre de Paris, quand mon regard est tombé sur deux jolies couvertures avec des jeunes filles arborant des robes du Second Empire. La série Les lumières de Paris s’adresse aux adolescentes (dès 12 ans) et présente des parcours de femmes à la fin du XIXème. J’ai choisi Juliette, la mode au bout des doigts.

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Juliette, la mode au bout des doigts de Gwenaële Barussaud aux éditions Fleurus

Juliette,  quatorze ans travaille avec ses parents à la fabrication de soierie dans le quartier de la Croix Rousse à Lyon. Atteinte de tuberculose, elle se voit obligée de partir pour Paris et de travailler dans un grand magasin afin de conseiller les riches dames sur l’achat de tenues. En quelques années la chenille devient papillon et Juliette n’hésite plus à imaginer des robes et en faire le croquis pour les clientes qui viennent à la boutique. Elle se fait ainsi repérer par une adolescente gâtée qui souhaite avoir sa propre « dessinatrice de mode » (je suppose que le terme styliste n’existait pas encore) et cela va être le début d’une grande aventure pour cette jeune fille si douée.

Bien que pour un public assez jeune, ce roman propose une histoire très bien documentée au niveau historique. Si les descriptions de Paris à cette époque me sont assez familières, il en est tout autre pour le quartier lyonnais que je connais si bien et dont je ne soupçonnais pas le passé. Même l’argot des « canuts » y est retranscrit, pour une immersion totale et dépaysante.  L’écriture est fine et élégante et j’ai été étonnée par la richesse du vocabulaire employé. Bien sûr tout ce qui concerne la mode est aussi bien détaillé avec des références à Worth, aux revues féminines de l’époque et des descriptions de belles robes. L’histoire de Juliette est fraîche et positive sans être gnangnan et j’ai beaucoup aimé la voir évoluer et grandir au fil des pages, changer son regard sur le monde. D’une jeune fille naïve et romantique elle devient une femme lucide, mais toujours prête à tout pour réaliser ses rêves.

Une jolie découverte qui plaira aux jeunes filles, mais aussi à leur maman… Je pense lire les autres tomes, même si ceux-ci ne parlent pas de mode. Le prochain Lucille à l’heure gourmande, sortira en septembre et parlera d’une jeune fille qui ouvre son salon de thé.

Des romans avec des vieilles robes dedans (en vo)

Je vous avais déjà présenté trois romans sur le vintage, en VF (voir article), place maintenant à la VO pour celles qui lisent en anglais.

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The secret lives of dresses – Erin McKean – Hodder 2011

The secret lives of dresses raconte l’histoire d’une jeune femme en fin d’études, obligée de mettre sa vie entre parenthèse pour venir tenir la boutique vintage de sa grand-mère très malade. Elle va découvrir que son aïeule inventait des histoires pour chaque robe vendue, et va se mettre à vouloir lire chacun de ces petits contes. La passion des vêtements anciens va la prendre et c’est toute son existence qui va être chamboulée, l’obligeant à faire des choix…
En lisant cette histoire, je me suis dit que j’étais en présence d’un roman très sympathique, à la fois léger et émouvant. On devine un peu vers où tout cela va mener notre héroïne, mais le plaisir n’en est en rien gâché. L’univers vintage est bien développé avec de belles descriptions de robes et pleins de petits détails intéressants sur l’histoire de la mode.
Et puis on arrive à la fin du livre et là, l’auteur délivre un petit truc en plus. LE truc qui vous fait revoir toute l’histoire sous un autre angle. Qui ajoute de la profondeur et qui vous touche en plein cœur. Du coup, mon avis est passé de « un petit livre sympa » à « une très belle histoire ».

Vintage Veronica – Erica S. Perl – Knopf books 2010

Veronica est « grosse », porte des vêtements vintage rigolos et reste plutôt introvertie. Elle se fait embauchée pour l’été dans le plus gros magasin vintage de la ville où elle côtoie deux filles populaires du lycée. Quand ces dernières, plutôt garces, lui demandent de surveiller le weirdos de la boutique, elle voit l’occasion rêvé pour faire partie du club des élues. Hélas, le garçon n’est pas si étrange, en tout cas pas comme elle le pensait, et elle va vite se retrouver assise entre deux chaises. L’intrigue est classique, on devine vite comment tout cela va finir cependant l’histoire reste intéressante car elle permet de dévoiler les coulisses d’une grosse machinerie vintage et de nous immerger dans les tenues des années 50 ou 70.

Astor Place Vintage – Stephanie Lehmann – Touchstone 2013

Amanda tient une boutique vintage à New York. En récupérant des habits à vendre chez une vieille dame, elle tombe sur un journal intime qu’elle ne peut s’empêcher de lire. Le récit alterne les points de vue : l’histoire d’Amanda, 40 ans, reine du vintage, qui tente de rompre avec l’homme marié qu’elle fréquente depuis trop longtemps, et celle d’Olive, jeune fille vivant en 1908 et qui pense davantage à faire carrière qu’à se marier comme l’exige les convenances. Le jour où son père décède, criblé de dettes, elle va devoir survivre et trouver un travail. Voilà un joli roman qui parle de la place de la femme dans la société, mais aussi de la manière dont il est possible de prendre les rênes de sa vie et de s’en sortir face à l’adversité. Le décor du New York au début du siècle est fascinant et les amoureuses d’Histoire seront comblées face à la richesse de ce background. Un petit plus pour l’éditeur qui a agrémenté le livre de photos d’époque mais également d’un petit guide (discussion et idée d’activités autour du livre) pour les clubs de lecture.

Club Vintage

Violet, jeune femme au passé sentimental douloureux, collectionne les antiquités et les vend dans son magasin, le Hourglass vintage. Un jour, une cliente, April, lui rapporte une robe de mariée achetée quelques semaines plus tôt. C’est ainsi que débutent leur amitié et la fondation du Club vintage, où les femmes prennent en main leur destin.

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Club Vintage par Susan Gloss – éditions City

Ce n’est pas souvent qu’un roman en français sur le vintage sort, alors il me fallait le lire (surtout que sa version anglaise était sur ma wish-list).
Autant le dire tout de suite, si l’histoire est sympathique, je ressors assez mitigée de ma lecture.
Commençons par les points positifs : nous découvrons trois destins de femmes, trois histoires de nouveau départ qui s’entremêlent. Je dirais que la force de ce roman, c’est l’amitié et j’ai bien aimé voir les relations qui lient nos trois héroïnes, ainsi que leur évolution personnelle. L’auteur a une belle plume, ce qui rend la lecture fluide et rapide.
Les points négatifs : la romance ! Elle ne prend pas une grande place (tant mieux, aurais-je tendance à dire) et le peu qui nous est donné n’est pas vraiment crédible, ce qui gâche légèrement le reste. En fait, toute cette partie de l’intrigue est totalement inutile. Mais je suppose que quand on écrit ce genre de livres, il faut y mettre de l’amour. Dommage.
Ensuite, il y a toute la partie vintage. Ce n’est pas mauvais, c’est juste trop peu pour moi. Nous trouvons quelques descriptions de robes, mais je suis restée sur ma faim, étant habituée à des lectures bien plus immersives (voir mes précédents articles de lecture, ou le prochain 😉 ). Je me suis demandé si l’auteur s’y connaissait vraiment, et c’est le cas, puis qu’elle tient sa propre boutique vintage en ligne et est une grande passionnée d’objets anciens et de brocantes. En fait, c’est davantage le côté « gestion d’une boutique » qui est mis en avant, et pas tellement les articles vendus.
Bref, un roman pas déplaisant, mais qui risque de se faire vite oublier.

Je partage un petit extrait qui m’a fait penser à la raison de ce blog 🙂
« Une jolie chose n’a aucune valeur si vous ne pouvez pas la partager avec qui que ce soit. Ce n’est qu’une chose. Ce n’est que quand vous laissez les autres l’apprécier à leur tour qu’elle devient véritablement belle. »